June 11, 2012

Dom Carbol - La liturgie et les papes. Bibliographie


Comme il eût été impossible dans un chapitre de la nature de celui-ci de développer toutes les questions qui se rapportent à la liturgie papale, nous donnons dans cette bibliographie les titres d’ouvrages où l’on trouvera tous ces sujets traités, d’ordinaire par des érudits de valeur et parfois dans le plus grand détail.

Paris de Grassis, maître des cérémonies de Léon X, Diarium curiae romanae... necnon de diariis et libris caeremoniarum curiae romanae, Leipzig, 1731 ; sur cet ouvrage, cf. Dom Guéranger, op. cit., t. I, p. 372 ; Giorgi, De Liturgia Romani Pontificis in solemni celebratione missarum, 3 vol. Romae, 1744 ; Angelo Rocca, Thesaurus pontificiarum antiquitatum necnon rituum ac caeremoniarum, 2 vol., Romae, 1745. Il est l’auteur de quelques traités sur des points spéciaux du cérémonial papal, de Sacrosancto Christi corpore romanis pontificibus iter conficientibus praeferendo commentarius (une dissertation en français sur le même sujet dans Corblet, L’Eucharistie, t. I, p. 530), etc. ; de Calceis pontificiis, etc. ; de Sacra summi pontificis communione, etc. ; Novaes un ouvrage (rare) sur l’élection, le couronnement et autres cérémonies, sous ce titre Introduzione alle vite de summi Pontefici, etc., Rome, 1822 ; Carmeli, Sopra l’uso di bacciare i pedi al Papa, Rome, 1768 ; Ciampini, An pontifex romanus utatur baculo pastorali, Rome, 1690 ; Favisanni, De ritu sanctissimae crucis romano Pontificis praeferendae, Rome, 1592 ; Moraes S. J., De ornatu summi Pontificis ; Fr. Cancellieri, Descrizione de tre pontificali che si celebrano nella basilica vaticana per le feste di natale, di pasqua e di S. Pietro, Romae, 1788 ; Notizie interno alla novena vigilia notte e festa di natale... Romae, 1788 ; Capelle pontificie e cardinalizie, Naples, 1783 ; Moroni, Histoire des chapelles pontificales, tr. par A. Manavit, in-8°, Sagnier et Bray, 1846. (Sous le nom de chapelles pontificales on entend les messes solennelles célébrées par le pape, celles où il assiste, les vêpres où il officie ou auxquelles il assiste et autres cérémonies auxquelles il prend part, pour son couronnement, pour les jubilés, conclaves, pour la canonisation, etc.). Le traducteur a complété l’ouvrage par de nombreuses notes sur le Pallium, la tiare, la Sedia gestatoria, les Agnus Dei, etc., si bien que son livre peut être considéré comme un traité complet sur la liturgie papale. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage plus résumé: Précis des cérémonies papales, 1842, sorte de guide pour les étrangers qui vont à Rome, notamment pendant la semaine sainte.

Comme le dit le traducteur des Chapelles papales du chevalier Moroni, les livres et dissertations qui ont paru sur la liturgie papale forment à eux seuls une bibliothèque et les quelques titres que nous venons de citer n’en sont qu’une petite partie. On les trouve cités et résumés dans le Dizionari di erudizione du même auteur, et l’Histoire des chapelles papales, en un volume in-8° de 500 p., n’est que la traduction abrégée d’un des articles de ce dictionnaire. C’est toutefois en français l’ouvrage le plus complet sur la liturgie papale durant les derniers siècles.

Catalani, Sacrarum caeremoniarum sive rituum ecclesiasticorum sanctae Romanae Ecclesiae libri tres, Rome, 1750, 2 vol. in-fol.

C’est la réédition du fameux ouvrage d’Aug. Patriccii Piccolomini, publié par Marcel, archevêque de Corcyre, qui fut l’occasion en son temps d’une violente polémique. Catalani a repris cette édition, l’a considérablement corrigée et augumentée et l’a dédiée à Benoît XIV. L’ouvrage est souvent confondu avec le Cérémonial des évêques, appelé couramment Cérémonial romain, et que Catalani a, du reste, également édité et commenté, comme le pontifical et le rituel. Le Sacrarum caeremoniarum S. R. E. est à prorement parler le cérémonial papal et contient les cérémonies du conclave, du couronnement, et toutes les autres cérémonies de la cour romaine. Au fond, les ouvrages de Giorgi, de Rocca, de Moroni, de Cancellieri et autres que nous citons dans notre bibliographie dérivent tous plus ou moins de celui de Piccolomini dont le vraie titre est celui-ci : Agostino Patrizzi Piccolomini, Ceremoniale Romanum, Venetiis, 1448. Une autre édition: Sacrarum caeremoniarum sive rituum ecclesiasticorum sanctae Romanae Ecclesiae, Libri tres, Venetiis, 1582. Cf. Aussi Dom Guéranger, t. I, 373; C. B. Piazza, Eorterologio overo le sacre stazioni romane e feste mobili, Roma, 1858 (très nombreux renseignements sur la liturgie papale) ; Josephi Stephani (Estave), De osculatione pedum Romani Pontificis, Romae, 1588 ; Dr. J. Kösters, Die Papstwahlen u. Die mit ihnen im nächsten Zusamenhange stehenden Ceremonien, Gott., 1871 ; du même : Studien zu Mabillons Romischen Ordines, Münster i. Westf., 1905 ; Herbert Thurston, The holy Year of Jubilee, un vol. In-8°, London, 1900 ; ouvrage de sérieuse érudition où l’on trouve de nombreux renseignements sur le cérémonial du pape.

On peut classer à la suite l’Annuaire pontifical publié chaque année depuis 1893 par Mgr Battandier et continué jusqu’aujourd’hui (1933). Il contient sur le pape, sur la cour pontificale, la liturgie de Rome, des renseignements au jour le jour qui complètent les ouvrages cités.

On trouvera aussi plusieurs de cérémonies papales décrites dans l’Année liturgique, ainsi la Rose d’or au IVe dimanche de carême, les Agnus Dei au mercredi de Pâques, etc.

Mgr Barbier de Montault a publié, d’après les auteurs italiens que nous avons cités, plusieurs opuscules sur l’Année liturgique à Rome, sur le Cérémonial papal aux fêtes de Noël, de l’Épiphanie, de Pâques, etc. Ils ont été publiés à part puis réédités dans les 16 volumes de ses oeuvres, Poitiers, 1889-1902, que la critique a traitées sévèrement ; Müntz, La tiare pontificale dans Mémoires de l’Académie des I. et B. L., t. XXXVI, p. 235-324, 1898, a pu renouveler un sujet bien souvent traité, faire l’histoire de la tiare du Ve au XVIe siècle et donner quelques documents inédits.

Pour les vêtements et ornements réservés au pape, palliu, tiare, etc., outre les ouvrages cités ci-dessus, voir les nombreux auteurs de ce vestiaria, ou Vestiarium Christianum mentionnés par U. Chevalier, Topo-bibliographie, Vêtements ecclésiastiques, liturgiques. Ajouter Braun, Die liturg. Gewandung, Fr. i. Br., 1907.

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Don G. Lenzi - Sermon pour le IVème dimanche de Câreme



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Monsieur le Recteur,
Messieurs les abbés,
Chers amis,

Nous voici au dimanche de Laetare, le dimanche en rose… la liturgie encore une fois nous parle par ses symboles.

L’autel est orné de fleurs, la couleur violette des ornements est amoindrie par la fait d’utiliser le rose… on peut toucher l’orgue, les ministres sacrés reprennent les ornements de joie. Tout exprime une certaine félicité, un certain calme. Ces derniers temps, nous avons souvent entendu parler de pénitence ; par les exercices de carême nous avons  réprimé notre corps, nous avons fortifiée notre âme contre les attaques du démon pour faire davantage de place à Notre Seigneur Jésus Christ. L’Eglise aujourd’hui nous dit « mes enfants, réjouissez vous ; faites une pause, à fin de ne pas tomber dans l’erreur de ceux que en parlant trop d’une chose - dans notre cas la pénitence -    se lassent  trop vite d’elle en la réduisant à un simple sujet de sermon vide et ennuyant. ».

Ce dimanche est une pause, que nous espérons,  bien méritée : comme tout athlète dans son exercice physique et comme tout alpiniste dans sa montée, nous avons besoin, si nous avons fait bien notre boulot, de nous arrêter pour essouffler un peu, reprendre des forces, méditer sur notre but, sur notre fin pour éviter que notre carême devienne inutile.

Comme un matelot que de son navire entrevoyant la cote après des jours et des jours de dure navigation se réjouit même s’il sait qu’il lui manque encore un peu pour pouvoir arriver au port  désiré. De la même manière, nous nous réjouissons avec l’Eglise de tous les mystères et les grâces que l’Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus nous ont apportés.

Il s’agit d’un dimanche d’encouragement : et cela se fait en déliant les fideles de la trop austère pénitence rituelle que  la liturgie leur a présenté jusqu’à maintenant.

Si par contre les occupations du monde, notre paresse et notre tiédeur nous ont empêché de vivre bien la première partie du carême, alors ce dimanche est la pour nous encourager différemment : il est la pour nous donner une nouvelle force, une nouvelle poussée  pour se reprendre en main, et vivre mieux au moins la dernière partie de ce temps favorable pour notre salut.

Mais voyons pour quelle raison et comment ce dimanche est devenu par volonté de Dieu à travers la tradition, un dimanche de joie…notre pause de mi-carême.  

Il y a bien de quoi se réjouir, chers amis, en ce jour ainsi riche de symboles et de thèmes chrétiens :

C’est bien le jour de la joie ;  joie maternelle, joie du printemps, fête eucharistique, j’oserai même dire une vrai joie pascale par anticipation!

JOIE MATERNELLE : Dans les temps antiques, le jeûne pascal ne commençait à Rome que le lendemain de laetare: ce dimanche était donc une sorte de dimanche de Carnaval. Plus tard, quand le Carême dura 40 jours, en hommage  au jeune de notre Seigneur dans le désert l’Eglise garda le dimanche de mi-carême et on en fit un jour de détente dans la sévérité du Carême pour signifier aussi la joie maternelle de l’Eglise dans le contexte de préparation au baptême autrefois conféré à nombreux catéchumènes le samedi de Pâques.

JOIE DU PRINTEMPS : Nous ne pouvons plus réprimer la joie de l’attente. L’Eglise, société  bien ordonnée de nature divine et humaine  sait que l’homme vit avec le temps, selon le cycle de saisons. Elle n’a pas le culte de l’homme mais elle l’amène a son but par les moyens surnaturelles et aussi naturelles : ce jour est aussi une sorte de fête du printemps ; il nous suffit faire un tour dans la nature pour voir les premières fleurs, les oiseaux et tout genre d’animaux qui se réveillent après le long hiver. L’Église se réjouit de la résurrection de la nature, dans laquelle elle voit encore une image de la résurrection du Christ et de l’âme qui se relève du péché. C’est pourquoi, à Rome, aux premiers siècles on apportait aujourd’hui les premières roses à l’Église ; les chrétiens s’offraient mutuellement des roses qui on commença à bénir. C’est ce qui explique aussi l’antique usage de la bénédiction de la rose d’or par le Pape sur laquelle il faut nécessairement dire un mot : un rite très ancien déjà pratiqué constamment à l’époque de St. Léon IX et d’Innocent III. Le descriptif de cette cérémonie magnifique peut être trouvé dans les journaux des cérémoniaires papales de tous les siècles, et était encore pratiquée mais simplifiée par les papes du siècle dernier. 

Dans le rite plus ancien, le souverain pontife, autrefois résidant dans le palais du Latran, après avoir bénit une rose entièrement d’or , après l’avoir ointe avec le St. Chrême et avoir répandu sur elle une poudre parfumée,  partait en cavalcade la mitre en tête, la rose en main, suivi du sacré collège qui revêtait pour l’occasion un habit spécial à ce jour : un habit choral entièrement en soie moirées rose.  Arrivé à la basilique de St. Croix en Jérusalem (église stationale d’aujourd’hui) il y prononçait un discours qui résumait tous les symboles de ce jour…et surtout le sens mystique de la rose laquelle représente par sa beauté, sa couleur et son parfum la sainteté et la grâce apporté par Notre Seigneur J.C.  La rose est le symbole du Ressuscité, mais aussi symbole de la joie chrétienne.

La basilique de St. Croix qui possède les reliques les plus précieuses de la Passion de Jésus, d’où son nom St. Croix en Jérusalem, (on y trouve en effet la Croix, les Clous, l’Inscription de la Croix, la terre du calvaire, le doigt de St. Thomas et même la croix du bon larron), cette station donc ouvre notre pensée à la semaine sainte qui s’approche et à tous les mystères de notre Rédemption. Le Romain Pontife y célébrait alors la CAPPELLA PAPALE (la messe pontificale du pape) ; la rose au cours de la messe était placée sur l’autel dans un rosier en or et pierreries ou dans un vase précieux recouvert de pierres et finement ciselé. La messe achevée, il chevauchait encore une fois vers le Latran avec la rose en main. Arrivé au palais, le prince du rang le plus élevé présent au cortège descendait de son cheval pour tenir l’étrier et aider le Prince des Apôtres à descendre. Le Pontife alors offrait à ce prince ce sacramental : la rose bénit.    Ah combien de fois le Roi de France et de Navarre eu cet admirable privilège… combien de fois il a servi la Sainte Eglise et reçu la rose d’or…

Mais revenons à la joie d’aujourd’hui…

Enfin, JOIE EUCHARISTIQUE : ce jour est aussi un dimanche eucharistique : le Christ est sur le point de fonder sa famille ; c’est au prix de son sang qu’il nous gagne notre pain quotidien : la sainte communion, ce pain doit être un fruit de sa Passion ; c’est ce que nous indique l’Évangile d’aujourd’hui. Le Christ est le nouveau Moïse qui, dans le désert de la vie, nous présente la manne céleste.

Et même si l’Église nous aide au moyen de la communion fréquente, cet évangile est la pour nous solliciter à une préparation plus attentive à la Sainte Communion Pascal, préparée, nous l’espérons, par une bonne confession.
           
Pour cela nous pouvons dire que le dimanche de laetare met dans nos cœurs une véritable

JOIE PASCALE : Le miracle de la multiplication des pains décrit par St. Jean Apôtre et Evangéliste nous est proposé comme l’emblème de l’inépuisable aliment eucharistique que le Christ même nous a offert dans ses derniers trois saints jours… « J’ai désiré d’un extrême désir manger cette Pâque avec vous… » nous dira Jésus le jeudi saint.  

Réjouissons-nous donc et exultons avec la sainte liturgie, chers amis, car une fois morts au pêché  avec le Christ pendant le dur temps du Carême, nous serons ressuscités avec Lui dans la Sainte Communion Pascale. 

Pour cela il faut bien profiter de la joie d’aujourd’hui… cette année notre joie est redoublée par la fête de St. Joseph que nous célébrons lundi et auquel nous nous confions pour bien arriver à Pâques.

Ainsi soit-il. +

Don Giorgio Lenzi IBP

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Référence :
- Dom Prosper Guéranger, Institution liturgiques
- Pius Parsch, L’année liturgique
- Moroni, Histoire des Chapelles papales