July 15, 2013

Le livre du pélerin - Année Sainte MCML


Le premier jubilé fut proclamé en 1300 par Boniface VIII. Le peuple romain et de pieux pèlerins de toutes les parties de l’Italie se mirent en mouvement, poussés par la tradition selon laquelle une indulgence plénière était accordée, à la fin de chaque siècle, à tous ceux qui allaient prier sur la tombe de l’Apôtre Pierre. La Bulle de Boniface VIII fait allusion à cette tradition.
 
Clément VI réduisit l’intervalle à cinquante ans ; Urbain VI, à 33 ans. Enfin Paul II, par une Bulle datée de 1470, fixa une période de 25 ans pour l’indiction de l’Année jubilaire, qui fut bientôt communément appelée Année Sainte. Le mot jubilé nous rappelle un antique usage hébraique, prescrit par la Loi de Moïse (cf. Lévitique, ch. 25, verset 8 et suivants).
 
Tous les 50 ans on proclamait une grande rémission pour tous : les esclaves étaient libérés ; beaucoup de dettes, remises ; les familles recouvraient leurs biens originaires perdus au cours des cinquantes dernières années. Pour les hébreux, l’Année sabbatique ou jubilaire avait une grande importance sociale et économique. Au contraire dans l’Eglise catholique les Années Saintes ont un caractère éminemment spirituel : ce sont des années de pleine rémission des peines dues à nos péchés.
 
Le Souverain Pontife accorde l’indulgence plénière à tous ceux qui visitent les quatre Basiliques majeures de la Ville éternelle. Avec brièveté et clarté la Bulle Jubilaeum Maximum marque les conditions nécessaires pour le gain de l’Indulgence jubilaire (...). D’ultérieures dispositions de la S. Pénitencerie apostolique marqueront encore les normes pour la commutation ou la réduction des oeuvres prescrites, en certains cas exceptionels. Pour les connaître, le pèlerin pourra s’adresser au directeur de son pèlerinage ou aux confesseurs des quatre Basiliques patriarcales de Rome.
 
Que les finalités de l’Année Sainte soient d’ordre exclusivement spirituel, le pèlerin s’en convaincra méditant le passage suivant de la Bulle Jubilaeum maximum :
 
« QUANT AUX SUPPLICATIONS QU’IL CONVIENT D’ADRESSES A DIEU, QU’ON DEMANDE TOUT D’ABORD QUE TOUS PAR LEURS PRIERES ET LEURS PENTENCES EXPIENT EN PARTICULIER LEURS PROPRES FAUTES, ET TENDENT A L’AMENDEMENT DES MOEURS. AINSI QU’A LA PRATIQUE DE LA VERTU CHRETIENNE, EN SORTE QUE CE JUBILE HATE HEUREUSEMENT LE RETOUR UNIVERSEL DE TOUS AU CHRIST. DE PLUS IL FAUT DEMANDER PAR UNE PRIERE ARDENTE QUE LA FIDELITE DUE AU DIVIN REDEMPTEUR ET A LA SOCIETE FONDEE PAR LUI SOIT MAINTENUE PAR TOUS DANS UN ESPRIT IRREDUCTIBLE ET AVEC UNE REELLE VOLONTE : QUE LES DROITS TRES SAINTS DE L’EGLISE SOIENT TOUJOURS GARDES INVIOLABLEMENT CONTRE LES EMBUCHES, LES TROMPERIES ET LES MENEES DE SES ENNEMIS ; ET AUSSI QUE CEUX QUI NE CONNAITRAIENT PAS LA VERITE CATHOLIQUE OU QUI ERRENT EN DEHORS DU DROIT CHEMIN, Y COMPRIS CEUX QUI MEPRISENT ET BLASPHEMENT DIEU, SOIENT ECLAIRES DE LA LUMIERE D’EN HAUT ET TOUCHES PAR UNE GRACE IRRESISTIBLE, LES AMENANT A OBEIR AUX PRECEPTES DE L’EVANGILE ; QUE SOIT RETABLIE AU PLUS TOT PAR TOUTE LA TERRE ET SURTOUT DANS LES LIEUX SAINTS DE PALESTINE. UNE TRANQUILLITE SEREINE ET UNE PAIX STABLE ; QUE LES DIVERSES CATEGORIES DE CITOYENS, AYANT MIS FIN A LEURS HAINES ET A LEURS DISCORDES, S’ENTENDENT DANS LA JUSTICE ET DANS L’UNION FRATERNELLE QU’ENFIN LES MULTITUDES D’INDIGENTS OBTIENNET DE LEUR TRAVAIL LE MOYEN DE VIVRE HONNETEMENT, NON MOINS QUE LES SECOURS NECESSAIRES ET OPPORTUNS, PAR UNE LARGE CHARITE DES PLUS PRIVILEGIES DE LA FORTUNE »
 
« POUR TOUT DIRE, QUE LA PAIX TANT DESIREE REVIENNE DANS TOUTES LES AMES, DANS LES FAMILLES, DANS CHAQUE NATION, DANS LA COMMUNAUTE UNIVERSELLE DES PEUPLES : QUE CEUX QUI ‘SOUFFRENT PERSECUTION POUR LA JUSTICE’ (MATH. 5, 10) AIENT CETTE FORCE INVICIBLE, QUI, DES LES ORIGINES, PAR LE SANG DES MARTYRS FIT LA BEAUTE DE L’EGLISE : QUE LES ERRANTS, LES CAPTIFS, LES EXILES LOIN DE LEURS FOYERS, PUISSENT AU PLUS TOT REGAGNER LEUR TRES DOUCE PATRIE : QUE CEUX QUI SOUFFRENT AMEREMENT OBTIENNENT LE RECONFORT DES CONSOLATIONS CELESTES : QUE LA PURETE ET LA FORCE CHRETIENNE FLEURISSE LE FRONT DE LA JEUNESSE, ET QUE CELLE-CI RENCONTRE DANS L’AGE MUR ET DANS LE VIEILLESSE DES EXEMPLES LUMINEUX : QUE TOUS, ENFIN, JOUISSENT DE CETTE GRACE CELESTE, GAGE ET PREMISSES DE L’ETERNELLE BEATITUDE ».
 
Le livre du pélerin. Année Sainte MCML, Comité Central pour l’Année Sainte, Città del Vaticano 1949, Introduction.