July 31, 2013

Audience princière



La réception des princes et des souverains est réglée par un minutieux protocole. La Princesse Elisabeth d’Angleterre et le Duc d’Edimbourg ont été reçu avec honneurs. Un cortège les accompagne. Ils passent dans les Loges de Raphaël, des gardes suisses en pourpoint jaune à bandes tailladées rouges et bleues, de même que les hauts-de-chausses, morion ciselé, hallebarde, encadrent les prélats et camériers secrets de cape et d’épée en costume Henri II, chamarrés de décorations, qui les ont accueillis et les dignitaires de leur suite et de l’ambassade d’Angleterre. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 147-148

July 30, 2013

[Pie XII] sur la sedia [gestatoria]



Dans le cadre baroque de la salle Ducale, venant de la salle des Paramenti, où le Saint Père a revêtu les ornements sacrés, le cortège papal passe au milieu d’une foule qui applaudit. Les gardes palatins font la haie, en uniforme sombre, képi second empire, épaulettes et pantalon de couleur amarante ; les gardes nobles, en tunique rouge au baudrier d’or et culotte blanche, entourent la sedia portée par les sédiaires ou serviteurs et introducteurs de l’antichambre pontificale, les bussolanti, en vestes rouges de velours frappé ; les cardinaux suivent. C’est le 12 mars, anniversaire du couronnement, Pie XII est couvert de la tiare, il se rend à la Chapelle Sixtine. Les deux flabelli, grands éventails de plumes d’autruche portés aux côtés du Pape, et qui vont être posés à droite et à gauche du trône, sont un insigne de souveraineté. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 147

July 29, 2013

Henricus Cardinalis Dante

Concilium Vaticanum Secundum

July 28, 2013

Messe papale



Tout ce que l’humanité a de grandeur et de beauté se trouve rassemblé autour de l’autel où le Christ se rend présent à la voix de son Vicaire. Il n’est pas de plus magnifique opéra, au sens propre de ce mot, qu’une Messe Papale et, dans ce drame de notre rédemption sur le Calvaire renouvelé sur l’autel, le moment le plus solennel est celui de la Consécration. Le Doyen du Sacré Collège, le Cardinal Tisserant, évêque de Porto et Sainte-Rufine, assiste le Saint Père. Le Cardinal Bruno, diacre, est à genoux ainsi que Mgr Dante, cérémoniaire pontifical, puis, les archevêques assistants au trône, les camériers secrets, les avocats de la Rote, les clercs chapelains, les prêtres, religieux, séminaristes et toute la foule émue en cet instant de l’Elévation. Les troupes de garde ont obéi au commandement : « Genoux terre .» Les trompettes d’argent font descendre de la coupole les accords si impressionnants de l’Harmonie religieuse de Silveri. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 146-147

July 27, 2013

Death of Pius XII

Communion (la Messe privée du Pape)



A la Messe de Minuit de Noël, le Saint Père célèbre devant le Corps Diplomatique. Il accueille aussi, parfois, tout paternellement et avec plus de simplicité, des enfants pour leur Première Communion. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 146.

July 26, 2013

Death of Paul VI

La Messe privée du Saint Père



Chaque matin, le Saint Père célèbre la Messe comme un simple prêtre. A certains jours, il admet des groupes déterminés dans quelque chapelle intérieure du Vatican. Le Jeudi-Saint, dans la salle du Consistoire, la Prélature romaine vient communier de sa main. Il est alors assisté de son Aumônier, S. Exc. Mgr Venini et du Sacriste, S. Exc. Mgr Van Lierde. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 146.

July 25, 2013

Franciscus P. P. - Tu es Petrus



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Te Deum anniversaire à Saint-Jean de Latran



L’anniversaire du couronnement est chaque année très solennellement célébré. Toute la cour romaine assiste à une chapelle Papale, dans la Sixtine, c’est-à-dire une messe célébrée par un cardinal en présence du Pape qui, portant la tiare, y arrive sur la sedia. Mais c’est toute la ville de Rome qui est convoquée à l’archibasilique patriarcale du Latran, dans l’après-midi du dimanche suivant, pour un Te Deum d’actions de grâces et de souhaits. 

Le Cardinal archiprêtre préside entouré du Vénérable Chapitre, en présence des prélats de l’Antichambre pontificale et de la Secrétairerie d’Etat, des curés de Rome et des délégations, avec leur drapeau, des divers mouvements d’Action Catholique. Dans la lumière splendide que reflètent les plafonds dorés, le ciborium, châsse grandiose, depuis le bienheureux Urbain V, des Chefs Sacrés des saints Pierre et Paul, entoure de mystère l’autel papal, cette arche de cyprès, qui renferme les restes de la table eucharistique dont se servit saint Pierre et, après lui, tous les papes martyrs des premiers siècles, et fixé là par saint Sylvestre en 327. 

P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 145-6.

July 24, 2013

Couronnement [de Pie XII], 12 mars 1939



C’est la tiare de Pie IX que Pie XII a choisie pour son couronnement. Le Cardinal Caccia la lui pose sur la tête en disant : « Recevez la tiare ornée de trois couronnes et sachez que vous êtes le père des princes et des rois pour les diriges sur la terre, le vicaire de Notre Sauveur Jésu-Christ à qui sont l’honneur et la gloire dans les siècles des siècles. Amen. » Le rite triomphal s’accomplit dans la loggia extérieure de Saint-Pierre. Le Cardinal Gerlier, de profil auprès du trône, contemple d’un regard heureux et ému la multitude qui emplit l’immense place et acclame. 
Dans les cérémonies papales, le prélat qui a, de droit, la fonction de porter et de présenter la tiare et la mitre, est le Doyen de la Sacrée Rote Romaine, actuellement Son Excellence Monseigneur André Jullien. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 144.

July 21, 2013

Obédience des cardinaux



Les cardinaux ont abaissé le petit baldaquin, qui surmontait leur trône, le long des murs de la Sixtine. Seul demeure celui de l’élu, devant qui, tour à tour, ils viennent s’agenouiller pour baiser la mule, la main et la joue du Pontife. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 144.


July 20, 2013

A la Sixstine après l’élection



La première cérémonie après l’éléction est l’obédience des cardinaux. Pie XII est devant l’autel de la Chapelle Sixtine assisté des cardinaux diacres Caccia et Canali. Coiffé de la mitre d’argent, il porte la falda, ample robe soulevée par deux protonotaires « di Numero », Mgr Carinci et Mgr Vitali, et une longue chape blanche, dont les orfrois sont marqués aux armes de Léon XIII. Notons ici que sont au « nombre » de sept les protonotaires apostoliques participants. Ce sont des fonctionnaires de la cour de Rome. Sont dits « surnuméraires » les chanoines protonotaires des trois basiliques patriarcales de Saint-Jean de Latran, de Saint-Pierre et de Sainte-Marie Majeure. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 144.

July 19, 2013

Élu Pape, 2 mars 1939



« Je vous annonce une grande joie », proclama le Cardinal Premier Diacre Caccia Dominioni, au soir du 2 mars 1939, « nous avons un pape, l’éminentissime cardinal Eugène Pacelli, qui s’est donné le nom de Pie XII. » L’élu, revêtu de l’une des trois soutanes blanches préparées d’avance, avec ceinture de moire blanche à glands d’or, chaussé de mules de velours rouge brodées d’une croix, portant sur le rochet la mosette et l’étole rouges, revient à la Sixtine accompagné du maître des cérémonies et des prélats et personnages de l’Antichambre pontificale. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 144.

July 18, 2013

Gemma Galgani - Beatification and Canonisation

Les scellés à la porte du conclave



Tous les Conclavistes sont entrés. Plus aucune relation avec l’extérieur ne leur sera permise. Ils se recueillent pour demander au Saint-Esprit de les éclairer sur le choix qu’ils ont à faire pour élire un nouveau successeur de saint Pierre. 
P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 143.

July 17, 2013

Le Père commun embrasse ses fils venus de partout l’écouter


Ces centaines de milliers de fidèles venus de toutes les nations apportent au Vicaire du Christ l’hommage de leur foi et de leur amour, dans l’exultation de leurs Alleluja. C’est Pâques, il est midi. Le Saint Père vêtu de la mosette de damas blanc, réservée à cette solennité, leur redit le message de la Résurrection, devant la consolante vision qu’ils lui donnent de la Rome Eternelle. Au loin, à gauche, s’étale le vert horizion du Pincio, avec, dans une trouée, l’Académie de France de la Villa Médicis ; puis, au delà du château Saint-Ange, à droite, c’est Sainte-Marie Majeure, le Capitole, le Latran.

P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 141-142.

July 16, 2013

Pages de Rome Immortelle: Illuminations, 8 décembre 1953



C’était un spectacle fantastique, quand, au soir de Pâques, du 29 juin ou d’une canonisation, les mille flammes mouvantes des fiaccole, flambeaux, cassolettes contenant de l’étoupe trempée dans un mélange de graisse, cire et résine, embrasaient la coupole et la façade de Saint-Pierre. Tout Rome venait assister à cette féerie. Le premier feu étincelait à la croix, puis les Sanpétriniens porteurs de torches, attachés à des cordes terenues par des teuils, descendaient à reculons d’un rapide mouvement d’ensemble et faisaient comme une cascade de lumière suivant les lignes de l’architecture michelangelesque. Deux ou trois minutes suffisaient. La foule, au premier instant saisie, applaudissait en trépignant de joie.

Pour immobile que soit désormais l’illumination électrique, dont cette image laisse voir le dispositif, l’effet n’en est pas moins impressionnant. C’est toujours, à la cime de ce piédestal unique, la croix du labarum qui apparaît triomphante dans la nuit.

P. Pfister, Pages de Rome Immortelle, Arthaud 1954, p. 140

July 15, 2013

Le livre du pélerin - Année Sainte MCML


Le premier jubilé fut proclamé en 1300 par Boniface VIII. Le peuple romain et de pieux pèlerins de toutes les parties de l’Italie se mirent en mouvement, poussés par la tradition selon laquelle une indulgence plénière était accordée, à la fin de chaque siècle, à tous ceux qui allaient prier sur la tombe de l’Apôtre Pierre. La Bulle de Boniface VIII fait allusion à cette tradition.
 
Clément VI réduisit l’intervalle à cinquante ans ; Urbain VI, à 33 ans. Enfin Paul II, par une Bulle datée de 1470, fixa une période de 25 ans pour l’indiction de l’Année jubilaire, qui fut bientôt communément appelée Année Sainte. Le mot jubilé nous rappelle un antique usage hébraique, prescrit par la Loi de Moïse (cf. Lévitique, ch. 25, verset 8 et suivants).
 
Tous les 50 ans on proclamait une grande rémission pour tous : les esclaves étaient libérés ; beaucoup de dettes, remises ; les familles recouvraient leurs biens originaires perdus au cours des cinquantes dernières années. Pour les hébreux, l’Année sabbatique ou jubilaire avait une grande importance sociale et économique. Au contraire dans l’Eglise catholique les Années Saintes ont un caractère éminemment spirituel : ce sont des années de pleine rémission des peines dues à nos péchés.
 
Le Souverain Pontife accorde l’indulgence plénière à tous ceux qui visitent les quatre Basiliques majeures de la Ville éternelle. Avec brièveté et clarté la Bulle Jubilaeum Maximum marque les conditions nécessaires pour le gain de l’Indulgence jubilaire (...). D’ultérieures dispositions de la S. Pénitencerie apostolique marqueront encore les normes pour la commutation ou la réduction des oeuvres prescrites, en certains cas exceptionels. Pour les connaître, le pèlerin pourra s’adresser au directeur de son pèlerinage ou aux confesseurs des quatre Basiliques patriarcales de Rome.
 
Que les finalités de l’Année Sainte soient d’ordre exclusivement spirituel, le pèlerin s’en convaincra méditant le passage suivant de la Bulle Jubilaeum maximum :
 
« QUANT AUX SUPPLICATIONS QU’IL CONVIENT D’ADRESSES A DIEU, QU’ON DEMANDE TOUT D’ABORD QUE TOUS PAR LEURS PRIERES ET LEURS PENTENCES EXPIENT EN PARTICULIER LEURS PROPRES FAUTES, ET TENDENT A L’AMENDEMENT DES MOEURS. AINSI QU’A LA PRATIQUE DE LA VERTU CHRETIENNE, EN SORTE QUE CE JUBILE HATE HEUREUSEMENT LE RETOUR UNIVERSEL DE TOUS AU CHRIST. DE PLUS IL FAUT DEMANDER PAR UNE PRIERE ARDENTE QUE LA FIDELITE DUE AU DIVIN REDEMPTEUR ET A LA SOCIETE FONDEE PAR LUI SOIT MAINTENUE PAR TOUS DANS UN ESPRIT IRREDUCTIBLE ET AVEC UNE REELLE VOLONTE : QUE LES DROITS TRES SAINTS DE L’EGLISE SOIENT TOUJOURS GARDES INVIOLABLEMENT CONTRE LES EMBUCHES, LES TROMPERIES ET LES MENEES DE SES ENNEMIS ; ET AUSSI QUE CEUX QUI NE CONNAITRAIENT PAS LA VERITE CATHOLIQUE OU QUI ERRENT EN DEHORS DU DROIT CHEMIN, Y COMPRIS CEUX QUI MEPRISENT ET BLASPHEMENT DIEU, SOIENT ECLAIRES DE LA LUMIERE D’EN HAUT ET TOUCHES PAR UNE GRACE IRRESISTIBLE, LES AMENANT A OBEIR AUX PRECEPTES DE L’EVANGILE ; QUE SOIT RETABLIE AU PLUS TOT PAR TOUTE LA TERRE ET SURTOUT DANS LES LIEUX SAINTS DE PALESTINE. UNE TRANQUILLITE SEREINE ET UNE PAIX STABLE ; QUE LES DIVERSES CATEGORIES DE CITOYENS, AYANT MIS FIN A LEURS HAINES ET A LEURS DISCORDES, S’ENTENDENT DANS LA JUSTICE ET DANS L’UNION FRATERNELLE QU’ENFIN LES MULTITUDES D’INDIGENTS OBTIENNET DE LEUR TRAVAIL LE MOYEN DE VIVRE HONNETEMENT, NON MOINS QUE LES SECOURS NECESSAIRES ET OPPORTUNS, PAR UNE LARGE CHARITE DES PLUS PRIVILEGIES DE LA FORTUNE »
 
« POUR TOUT DIRE, QUE LA PAIX TANT DESIREE REVIENNE DANS TOUTES LES AMES, DANS LES FAMILLES, DANS CHAQUE NATION, DANS LA COMMUNAUTE UNIVERSELLE DES PEUPLES : QUE CEUX QUI ‘SOUFFRENT PERSECUTION POUR LA JUSTICE’ (MATH. 5, 10) AIENT CETTE FORCE INVICIBLE, QUI, DES LES ORIGINES, PAR LE SANG DES MARTYRS FIT LA BEAUTE DE L’EGLISE : QUE LES ERRANTS, LES CAPTIFS, LES EXILES LOIN DE LEURS FOYERS, PUISSENT AU PLUS TOT REGAGNER LEUR TRES DOUCE PATRIE : QUE CEUX QUI SOUFFRENT AMEREMENT OBTIENNENT LE RECONFORT DES CONSOLATIONS CELESTES : QUE LA PURETE ET LA FORCE CHRETIENNE FLEURISSE LE FRONT DE LA JEUNESSE, ET QUE CELLE-CI RENCONTRE DANS L’AGE MUR ET DANS LE VIEILLESSE DES EXEMPLES LUMINEUX : QUE TOUS, ENFIN, JOUISSENT DE CETTE GRACE CELESTE, GAGE ET PREMISSES DE L’ETERNELLE BEATITUDE ».
 
Le livre du pélerin. Année Sainte MCML, Comité Central pour l’Année Sainte, Città del Vaticano 1949, Introduction.

Le Jubilé. Histoire et pratique


Qu’il nous soit permis de commencer cet opuscule, destiné à aider ceux qui voudront gagner l’indulgence du jubilé, par une citation de Bousset qui contient tout ce qu’il faut pour en faire connaître l’importance : « Le jubilé est une indulgence plénière d’autant plus certaine et d’autant plus efficace qu’elle est accordée par notre Saint-Père le Pape pour cause publique, avec une réflexion particulière sur les besoins de la chrétienté, et qu’elle est universelle : ce qui faisant un concours entier de tout le corps de l’Église à faire pénitence de ses péchés et à offrir de saintes et humbles prières en unité d’esprit, il se répand sur tous les membres particuliers de ce corps une grâce plus abondante à cause du sacré lien de la société fraternelle et de la Communion des Saints » (Instruction nécessaires pour le Jubilé). Nous en dirons l’origine, l’histoire, les conditions et privilèges, les fruits (A. Molien, Le Jubilé, Cerf, Paris, 1933, Introduction).

Les Manuscrits liturgiques latins de la Bibliothèque Vaticane (vol. III - Ordines romani, pontificaux, rituels, cérémoniaux)


Le Père Ehrle présentait déjà la classification des livres des cérémonies papales de la façon suivante : 1) Les Ordines romani (VIe-XIe s.) ; 2) Le Liber Politicus du chanoine Benoît, le Liber censuum, le Caeremoniale de Grégoire X (Ordines XI-XIII de Mabillon) ; 3) Les diverses rédactions du Liber caeremoniarum Curiae, cérémonial du cardinal Jacques Stefaneschi (Ordo XIV de Mabillon et ses interpolations, XIVe et débout du Xve s.) ; 4) Aux temps modernes, apparition des cérémoniaux d’Augustin Patrizi, de Jean Burchard et de Paris de Grassi (Innocent VIII à Léon X). Ce sont les manuscrits contentant ces livres, ainsi que ceux qui leur font immédiatement suite, qui font l’objet de ce IIIe volume des livres liturgiques de la Bibliothèque Vaticane.

On désignait sous le nom d’ordo une description des rites liturgiques, tels que la messe, le baptême, les ordinations, la dédicace, les offices de la Semaine sainte et ceux des grandes fêtes de l’année liturgique : elle était le guide indispensable du célébrant et de ses ministres. C’était là qu’étaient exposées dans le détail l’ordonnance des différentes cérémonies et la manière de les accomplir. Les ordines sont connus principalement par les éditions de Mabillon, de Duchesne et de M. Andreiu. Mais, tandis que le premier les donne dans une série unique de quinze ordines, s’échelonnant du VIIIe au XIVe siècle, le dernier, reconnaissant que le Xe siècle marquait une coupure dans l’histoire de la liturgie romaine, décida de recueillir d’abord les ordines rédigés avant le XIe siècle, laissant pour plus tard les cérémoniaux, ou les ordinaires, plus récents, qui se multiplièrent à partir du XIIe siècle. D’autres travaux, sur le Pontifical, puis la mort l’empêchèrent de mettre son projet à exécution et de donner aux Ordines romani du haut moyen âge la suite qui s’imposait.

Contrairement à l’évolution du bréviaire et à celle du missel, qui se fit par groupement des livrets primitifs, celle des ordines part de recueils uniques pour aboutir à la constitution de divers livres liturgiques. Ce n’est pas à dire qu’il y eut au début des recueils complets contenant la description de tous les rites, mais, à côté des directoires particuliers pour l’une ou l’autre cérémonie, il se constitua assez tôt des collections plus ou moins complètes d’ordines, dont Andrieu a donné un classement. Bientôt certains de ces recueils allèrent se mêler à d’autres matériaux pour former principalement des compilations didactiques, destinées à l’enseignement des clercs ; d’autres furent réunis à des extraits du sacramentaire, messes de différentes sortes, pour constituer un livre nouveaux, qui n’était autre qu’un pontifical rudimentaire. Ce dernier recueil continuait à faire partie des livres liturgiques, tandis que les autres furent dirigés sur les bibliothèques épiscopales ou monastiques. Au Xe siècle un de ces pontificaux archaïques sera destiné à avoir une diffusion très grande et une influence profonde sur l’évolution de la liturgie romaine : c’est le recueil composé vers 950, au monastère de Saint-Alban de Mayence et que Mgr Andrieu a proposé d’appeler le Pontifical Romano-Germanique du Xe siècle.

La matière du présent volume est divisée en autant de sections qu’il y a d’espèces de livres : I. Les Ordines Romani, II. Les Pontificaux, III. Les Rituels, IV. Les Cérémoniaux. Il s’agit, comme précédemment, d’un inventaire sommaire, dans lequel il ne faut pas chercher des descriptions détaillées comme celles des grand catalogues. La bibliographie renvoie principalement aux catalogues existants, aux inventaires et aux éditions, en particulier à celles de Mgr Andrieu pour les Ordines et les Pontificaux. Quant aux Rituels, je renvoie aux volumes précédents pour la description des manuscrits contenant les éléments de ce qui devait former plus tard ce nouveaux livre liturgique (Pierre Salmon, Les manuscrits liturgiques latins de la Bibliothèque Vaticane, vol. III – Ordines Romani, Pontificaux, Rituels, Cérémoniaux, Studi e Testi 260, Città del Vaticano 1970, Introduction)

Pierre Salmon
 

The Origins of the Modern Roman Liturgy (Van Dijk, Hazelden Walker)


‘Innocent III’, wrote friar Salimbene of Parma, ‘improved the ecclesiastical Office by correction and re-arrangements, adding things of his own and suppressing those of others’. In his talkative way he continued: ‘For all that, it is not yet really in order, as many people feel. There is still much that could be safely omitted, since it is more wearisome than devotional, as well for those who have to say the Office as for those who assist. Sunday morning prime, for instance, is too long; people are waiting for Mass but the priests do not appear because prime is still going on. Moreover, the eighteen psalms at Sunday matins are tedious not only in winter but especially in summer when the fleas annoy you, the nights are short and the heat intense. In brief, there are many thing in the ecclesiastical Office that could be put right. And it would be worth while, for it is full roughness, although this is not always recognized’. Salimbene’s writings about the liturgy – he was many a passage on the subject – do not make his chronicle suitable for devotional reading. Nor car its author be held up as an example of what spiritual writers call regular observance. Be that as it may, this Franciscan live-spark was regularly a good observer.




A keen eye for the wide and colourful world, which often we see so distorted, is a precious gift for a chronicler. Salimbene noted, felt and sympathized with things that many of his contemporaries overlooked. Yet he is a perfect child of the century which lies, nameless, between the Middle Ages and the Renaissance; he and his age belonged to both. The heritage of the past is in his love for tradition and tall stories, in his tales of prophets and miracles everywhere. The light of a new day shines through his desire for international relationship, through his personal views on and criticism of things he heard, read or saw. Thus ideas about the liturgical activity of Innocent III and the attitude of his contemporaries are typical of both Salimbene himself and his age. Since the late twenties, the Friars Minor had been following the liturgy as revised by the great pontiff. Salimbene, many of his confrères and a still greater number of clerics outside the Order were all agreed: something was thoroughly amiss with the liturgy. Innocent’s work had improved matters but much had still to be done.


(…)


And after all, however interesting, important or even vital medieval and moderns discussions on the Office may have been, in reality, the underlying problems never existed in isolation. The Divine Office has always been the setting of the supreme jewel of public worship, holy Mass. And this truth neither directed nor even entered into the discussions. Maybe this is a warning that further study should link Office with Mass and motives with facts.


In the following pages, therefore, the whole thirteenth-century Roman liturgy is set within the development of public worship and of its books, within the history of the papa court and the Order of St Francis. These very different aspects of the one problem are brought together in three parts. The first is a three-fold enquiry into the history of the Daily Office and private Mass until the thirteenth century, into the nature and terminology of the books used, and into the relationship between the twelfth-century Offices of the Lateran basilica and the adjacent papal palace. The second part deals with the thirteenth-century background and development of the court liturgy. The third studies the Franciscan dossier, mainly in connection with the two editions issued by the Order.


The value of these parts is very different, not only because of the nature of the questions involved but also for external reasons. Although the twelfth century produced vast quantities of liturgica, they still await the editor and the publisher. Much of this is due to a certain lack of interest on the part of liturgists for whom the changing attitude of mind and the unrest, typical of this period, have signified little more than sterility or even the beginning of the end. The limits imposed by the present subject excuse us from going on untrodden paths. This does not mean that, in going the way indicated by others, we are always looking in the same direction as they were wont to do. – By the thirteenth century, records become more numerous; the field of public worship is no exception. Moreover, the Roman liturgy, particularly that of the friars, shares in a wealth of documents which in unique in the history of the religious Orders. Here as elsewhere, the coming of the friars changed the scene in less than half a century. To establish this is easy enough – in matters liturgical it is often simply the discovery of the right manuscript. But as soon as one realizes that the change is the sum of many problems, succeeding each other with the complexity proper to the quickly growing brotherhood, then the parchment always appears to be too patient and too silent. To say that this is the first attempt to see the thirteenth-century Roman liturgy in its entirety and as part of early Franciscan history, is little more than a confession of incompleteness. More problems seem to have been left unsolved than explained. This too can be an advantage.


The special difficulty which runs through the greater part of this study is its dual chronology. The ordinal of Innocent III was compiled in the years 1213-6. The revision of the court books and the liturgical activity of the Friars Minor bore fruit in the late twenties. When the Franciscan adaptation proved unsatisfactory, Haymo of Faversham undertook another revision early in the forties. This became the basis of new books issued and copied in the course of the following decades. Thus the proper subject of this study is limited to about fifty years, 1213-63, but most of the documents available range over more than one and a half centuries and were written much later. The only copy of the papal ordinal dates from 1365. As for the Franciscan books, Haymo’s work did not at once do away with the old editions. The friars copied them just the same, making corrections more or less accurately according to their knowledge. Only as the years went by, the revised books slowly replaced the old ones. This dual character of the sources, namely the disparity between their age and content, is the reason why, again and again, their authenticity has to be checked in every detail and their discordance explained. The process of looking backwards and forwards far over the limits of 1213-62 is the most exhausting part of this study. It is a necessary evil caused by the documents themselves. Whether we have succeeded in threading our way through this maze… the reader may judge.

Atchley - Ordo Romanus Primus with Introduction and Notes


The following Introduction to the earliest Ordo Romanus makes no claim to origanility, having no pretensions to be anything more than a compilation from the works of the numerous liturgical writers who have expounded either the whole or parts of this venerable monument of the ceremonial of the early medieval Church in Rome.

The objective which the general Editor has kept before me is the intelligent Churchman who is interested in the rites and ceremonies of the Catholic Church, but has little leisure or opportunity of examining the numerous works that deal with the whole or parts of the matters that belong to the ceremonial of solemn mass. With Lindewode I may say, presens opus non precipue nec principaliter viris scribo scientia preditis, sed potius simpliciter litteratis et pauca intelligentibus : but I fear that I cannot go on to claim for this Introduction even the modest estimate at which Lindewode appraises his Provinciale as a book for students, for it is unlikely that such as they will find anything therein of which they are not already fully aware. It is in consequence of the above-mentioned objective that the use of Latin has benn almost entirely restricted to the notes, and English used practically throughout. It is hoped that the average Churchman will hereby be enabled to bring before his mind a picture of a Roman church, and the ceremonies that were used at a public mass therein, as they were in the eighth century of the Christian era.

July 14, 2013

La solita "solfa". Storia della Cappella musicale pontificia Sistina


La storia della Sistina inizia quando ancora non esisteva la figura del direttore. Prima che Giuseppe Baini nel 1841 diventasse il primo maestro della Cappella musicale pontificia era sempre la solita "solfa". Nel senso che c'era qualcuno che "solfeggiava" battendo un bastone a terra per dare il tempo. Qualcuno c'aveva rimesso anche le penne, come Jean-Baptiste Lully, gloria del seicento francese, ma in realtà nato a Firenze dove lo chiamavano Giovanni Battista Lulli. Con o senza "y", alla corte di Re Sole il compositore si fece molto apprezzare, ma rimase vittima dell'uso dell'epoca e della sua sbadataggine quando si colpì con forza un piede con il bastone che usava per battere il tempo sferrando forti colpi a terra. Seguì una forte infezione. Il consiglio di farsi tagliare la gamba offesa, ma si sa i maestri non seguono i consigli e poi pare che fosse un gran ballerino...

Clerical Dress in the City of Rome in the 19th Century


NLM: Wearing an identifiable form of clerical dress has always been prescribed by the Church and, today, the wearing of the cassock at all times has become a symbol of strong priestly identity and attachment to tradition -- particularly in the light of the abandonment of clerical dress altogether by many since the time of the Council.


It is interesting to note, however, that the use the cassock, originally a late Roman, medieval magistrate’s garment, has seen an evolution in the past 150 years up to the present day; an evolution which many might find surprising. From the point of view of history, many of us may not be aware that a little more than a century ago the cassock was used only within liturgical, ceremonial or courtly contexts, and was not worn in day to day clerical life. Day to day usage dates only from the turn of the 19th century following from the French usage since the time of the 1789 revolution. Ironically then, the day to day usage which is today considered such a strong symbol of tradition was at one time considered quite differently.

It is important to state from the outset that the intent of this article is not to disparage the use of the cassock as we see it today. Instead, its purpose is simply to offer a historical consideration, illustrating the traditional, pre-late 19th century logic of having liturgical and ceremonial dress distinct from every day clerical dress, attempting to describe what was worn by the clergy previous to the change of dress in late 19th century, as shown from a set of 1860-1880 photographs of Roman society, and from contemporary prints and paintings.

July 6, 2013

Marc Dykmans - L’oeuvre de Patrizi Piccolomini ou le cérémonial papal de la première Renaissance


Avant-propos : Arrivée au XVe siècle, la liturgie papale s’arrête, pour ainsi dire, jusqu’à ce qu’Agostino Patrizi Piccolomini la suive, telle qu’elle était sous Nicolas V et resta sous Pie II, Paul II et Sixte IV, puis en reprenne amplement, sur l’ordre d’Innocent VIII, la présentation complète pour la période de la Renaissance. Son livre est long et il nous faut deux tomes pour l’éditer avec les explications nécessaires. Encore celles-ci se réduisent-elles souvent à l’étude des sources immédiates, telles qu’elles sont éditées par nous aux quatre volumes du Cérémonial papal publiés par l’Institut historique belge de Rome de 1977 à 1983. Elles s’efforcent aussi de faire voir les rites et les protocoles qui furent pratiqués jusqu’à la fin du Xve siècle, voire jusqu’en 1506, à la mort de Jean Burckard, collaborateur de Patrizi. Après cette période, arrêtée en général à 1500, la liturgie papale devra faire l’objet de deux nouveaux volumes, consacrés au Diaire de Paris de Grassi, mais où on ne s’interdira pas de reprendre l’influence du Cérémonial de Patrizi, resté jusqu’à nos jours, ou du moins jusqu’au concile du Vatican II, la grande autorité en curie romaine. C’est elle, pour cite un exemple, qu’à l’époque baroque, le pape Urbain VIII invoque, à l’égal de l’Hostiensis et autres commentateurs des Décrétales, pour décider des règles à suivre dans les procès de canonisation (Bulle du 13 mars 1625).

Le lecteur du livre est ainsi averti. L’ouvrage est bien de la Renaissance, faisant charnière ente le moyen âge et les temps modernes. Le culte divin y reste l’objet premier. Le culte du pape, en tant que vicaire du Christ, y prend toutefois une place parfois en apparence prépondérante. Il est heureux que l’auteur lui-même nous ait donné de cette diffuculté une mise au point valant pour son livre et pour cette histoire. Il définit sa science ou son art : il veut savoir ou pratiquer seulement ce qui dans les cérémonies romaines est à l’honneur de Dieu ou à ceuli des hommes à cause de Dieu. On reconnaîtra à ce mot que le cérémoniaire ici à l’oeuvre mérite notre sympathie. C’est un homme discret et modéré. Il a son humble mystique.

Son style s’est adapté à son sujet. Le latin fuit les complications des humanistes. Les phrases sont pleines d’allusions et d’asymétries ou d’asyndètes. Elles évitent les répétitions et donnens souvent des références qu’on s’est astreint à identifier. L’index détaille les reprendra.

Les oubrages énumérés dans la liste que nous allons donner ne constituent pas une bibliographie des objets traités. Repris ou non en note, ils ont tous été utiles.

Cet oubrage fait suite aux quatre volumes du Cérémonial papal de la fin du moyen âge à la fin de la Renaissance publiés, comme on l’a dit, dans la Bibliothèque de l’Institut historique belge de Rome depuis 1977 : tome I, Le Cérémonial du XIIIe siècle, tome II, De Rome en Avignon ou le Cérémonial du cardinal Jacques Stefaneschi, tome III, Les Textes avignonnais jusqu’à la fin du Grand Schisme d’Occident, tome IV, Le retour à Rome ou le Cérémonial du patriarche Pierre Ameil. Les deux derniers volumes étant encore sous presse, nous y avons renvoyé en citant seulement les numéros des textes. Nous nous excusons de ce retard dû à des circonstances indépendantes de note volonté et remercions le T. R. P. Don A. Stickler, Préfet de la Bibliothèque vaticane, qui a bien voulu, à la suggestion de Mgr José Ruysschaert, accepter de publier ici, dès à présent, le Livre de Patrizi, dont l’importance justifie cette priorité.

La première Renaissance, de Nicolas V à Sixte IV, est celle où se place ce Cérémonial. On ne peut mieux se le figurer qu’au palais du Vatican, dans la chapelle présixtine. La miniature de Chantilly ici reproduite en frontspice n’est connue que depuis peu. Elle présente un multiple intérét. On remarque d’abord le pape portant la tiare pour assister à la messe. Ceci est contre toutes les règles, mais le peintre veut permettre d’identifier le pontife romain. C’est probablement Paul II plutôt que Sixte IV. On le reconnaît à son profil, nez et front qui sont bien ceux de ses médailles et moins ceux de son successeur. On regardera ensuite le sous-diacre, le diacre qui doit encenser, et à côté de celui-ci le cérémoniaire, qui donne ses instructions. On peut reconnaître en lui l’auteur de ce livre : Agostino Patrizi Piccolomini, ou un de ses collègues. On retrouve de plus la chapelle de Nicolas III et Nicolas V, ou Présixtine, représentée avec une grande sobriété, mais reconnaissable à plusieurs détails, les pavements, les marches, les bancs cardinalices, leurs draperies, et même les dernières fenêtres jumelles latérales (on ne voit rien des deux qui furent supprimées au-dessus de l’autel, en 1535, pour Michel-Ange). Plus remarquable encore est le tableau au mur du fond, l’Assomption de la Vierge, dans sa mandorle entourée seulement de quatre anges, au-dessus des saints Pierre et Paul, au lieu de la multitude d’angelots, d’anges musiciens et des douze apôtres que peindra le Pérugin et dont le dessin de l’Albertine permet d’admirer l’ensemble beaucoup moins médiéval que celui-ci (voir la planche II au tome 2). On voit aussi que ce n’est pas en 1483 que la Sixtine fut dédiée à l’Assomption mais qu’elle le fut auparavant.