January 24, 2014

Bibliographie - J. Nabuco, Ius pontificalium



Mgr Nabuco, bien connu pour sa Pontificalis Romani expositio juridico practica en trois volumes, avait l’intention de faire également un commentaire du Caeremoniale episcoporum. Deux motifs l’ont détourné de ce projet : d’abord le fait que Mgr Gromier préparait de son côté un ouvrage de ce genre, - je le déplore d’autant plus vivement que le livre de Mgr Gromier, dont on trouvera ailleurs une recension, est loin d’être le commentaire que l’on attendait en ne fera qu’apporter un peu plus de confusion dans les esprits. – Le second motif qui a dissuadé Mgr Nabuco est plus important : la réforme de la semaine sainte inaugure un nouvel esprit et suggère une révision du Caeremoniale. C’est pourquoi l’auteur a préféré publier un travail plus général qui, tel quel, n’existait pas encore : une synthèse de la législation sur les pontificaux. En effet, le Caeremoniale a été modifié sur bien des points et, alors qu’il n’envisageait que les célébrations accomplis par l’évêque et ses supérieurs, le Saint-Siège a concédé le droit à certains pontificaux à diverses catégories de prélats inférieurs : la liste des principaux documents est donnée p. XXIII. Certes, on trouvait déjà dans divers livres ou articles des solutions aux divers cas qui se présentent et que les organisateurs de cérémonie doivent résoudre : ces solutions ne sont pas toujours concordantes, et sont affirmées plus que prouvées. L’avantage du livre de Mgr Nabuco est d’apporter chaque fois les références et arguments. Bien sûr, il est destiné à un public international, ce qui explique de nombreux détails qui nous sembleraient oiseux : que de privilèges et exceptions il serait souhaitable de voir abolis ! En les exposant méthodiquement, Mgr Nabuco ne laisse pourtant pas son horizon se borner à l’état présent des choses. Les historiens lui sauront gré des nombreuses références qu’il leur fournit sur bien des sujets, en particulier le catalogue des éditions du Caeremoniale. Les maîtres de cérémonie y puiseront pour les cas difficiles des solutions plus sûres qu’ailleurs. J’aurais souhaité ici ou là une présentation plus souple du caractère impératif de certaines descriptions ou prescriptions, par exemple pour ce qui concerne l’ornementation de l’autel (pp. 262-270) : il est facile de constater que nulle par, heureusement, on ne s’est senti lié à la lettre, par exemple pour les dimensions des crédences, la hauteur des chandeliers, ou le nombre des marches. Mais ce sont là, encore une fois, des détails. En étudiant ce livre et en l’utilisant, on prendra une conscience plus vive du rôle de l’évêque dans la prière de l’Église.

A.-G. M.

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La Maison-Dieu, 62, pp. 151-152.